D’où vient ce besoin de tout diriger?

Le contrôle compulsif naît souvent d’un désir profond de sécurité et de stabilité. Face à un monde perçu comme chaotique ou menaçant, certains d’entre nous cherchent à compenser ce sentiment d’insécurité en s’efforçant de tout prévoir, organiser, surveiller.

Cette quête effrénée de maîtrise peut trouver sa source dans l’enfance. Des parents trop directifs, qui ne laissent pas assez de place à l’autonomie, peuvent inconsciemment transmettre ce schéma à leur progéniture. Ou à l’inverse, un manque de repères et de limites claires durant les premières années de vie peut générer ce besoin viscéral de contrôle une fois adulte.

Dans tous les cas, le contrôleur compulsif tente de combler un vide affectif, de calmer une angoisse latente en orchestrant méticuleusement son environnement. Problème: plus il serre la vis, plus les autres se braquent, et plus son mal-être s’accroît. Un cercle vicieux qui peut vite devenir étouffant!

Les manifestations du contrôle excessif

Un excès de maîtrise se repère facilement. Le contrôleur compulsif est celui qui veut toujours avoir le dernier mot, dicter sa loi, imposer ses méthodes. Au travail, c’est le chef obsessionnel qui survoleevery detail and struggles to delegate, de peur que les autres ne soient pas à la hauteur.

Côté vie privée, il programme les weekends sans consulter son conjoint, fait la morale à ses amis sur leur hygiène de vie, ou pousse ses enfants à réussir selon SES critères. Bref, Monsieur ou Madame Je-Sais-Tout, qui se prend pour le nombril du monde et veut administrer l’existence des autres.

Cette manie de la gouvernance peut aussi se retourner sur soi-même. L’adepte du self-control se fixe alors des objectifs irréalistes, s’impose des cadres rigides inhérents à la nourriture, au sport, au sommeil. Jusqu’à l’épuisement, la maladie psychosomatique, voire la dépression.

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Les motivations derrière ce besoin de mainmise

Derrière chaque comportement excessif se cachent des motivations complexes, fruits de notre éducation et de notre histoire. En affûtant notre vision intérieure, on peut commencer à discerner les racines de notre soif démesurée de contrôle.

Chez certains, elle traduit un profond manque de confiance et d’estime de soi. Ne se sentant pas légitimes, ils éprouvent le besoin de diriger les opérations pour prouver leur valeur.

Pour d’autres, à l’inverse, elle révèle un orgueil démesuré. Persuadés de leur supériorité, ils ne supportent pas que les choses échappent à leur emprise.

On peut aussi y voir la manifestation d’une sensibilité aux changements, vécus comme des mini-traumatismes. Face à l’incertitude anxiogène du lendemain, mieux vaut tout planifier d’avance!

Enfin, last but not least, elle peut exprimer une difficulté à lâcher prise et à tolérer la frustration. À l’ère de l’immédiateté, supporter l’inconnu et les imprévus est devenu un défi de taille.

Les effets néfastes du contrôle excessif

Sur soi-même

Cette quête éperdue de maîtrise a un goût amer. Car plus on serre la bride, plus l’existence nous glisse entre les doigts. À force de tout contrôler, on finit par perdre le sens des réalités et le contact avec ses aspirations profondes.

Cette hypervigilance permanente génère aussi son lot de tensions, à l’origine de nombreux troubles psychosomatiques(maux de tête, troubles digestifs, insomnies chroniques…).

À terme, le risque est celui de la dislocation. Lorsque tous nos efforts de contrôle se fracassent contre le mur du réel, c’est l’effondrement. S’abandonner à ce chaos intérieur, accepter de redevenir vulnérable: tel est alors le premier pas vers la résilience.

Sur ses proches

Les excès de zèle du maniaque du contrôle finissent aussi par ulcérer son entourage. À la maison, conjoints et enfants se sentent étouffés par cette manie de tout décider à leur place. Au bureau, collègues et collaborateurs le fuient comme la peste, exaspérés par ses innombrables procédures.

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Petit à petit, les liens se distendent et les frustrations couvent. Jusqu’à l’explosion, la rupture ou le burn-out collectif. Car personne ne peut indéfiniment supporter ce carcan sans heurts sur son libre-arbitre.

Comment lâcher prise?

Alors, comment retrouver un équilibre entre maîtrise et lâcher-prise ? Voici quelques pistes pour y parvenir.

Identifier ses peurs

Première étape: mettre des mots sur ses angoisses. De quoi ai-je si peur au juste? Qu’est-ce qui me pousse à vouloir à ce point contrôler chaque détail de mon existence? En verbalisant ces craintes, on désamorce peu à peu leur emprise.

Exprimer ses émotions

La fuite en avant dans le contrôle vise souvent à étouffer des émotions jugées menaçantes: tristesse, colère, honte… Or, plus on refoule ces sentiments, plus ils grossissent dans l’ombre et nous submergent. Mieux vaut les identifier, les accueillir puis les exprimer de façon constructive auprès de ses proches.

Fixer ses limites

On ne change pas du jour au lendemain. Mais on peut commencer par fixer ses propres limites: « je laisse mes collègues gérer seuls ce projet », « j’arrête de surveiller les devoirs de mon ado », « je ne donne plus de leçons de morale à ma copine sur sa consommation d’alcool »… Des petits renoncements libérateurs!

Méditer

La pleine conscience, cette gymnastique qui consiste à porter son attention sur l’instant présent, s’avère très utile pour lâcher prise. En prenant conscience de ses pensées, de ses sensations corporelles, de ses émotions, on se libère petit à petit de ses automatismes mentaux. Et du besoin viscéral de tout maîtriser qui va avec.

Consulter

Si vos tentatives restent vaines, n’hésitez pas à demander de l’aide. Un thérapeute saura vous accompagner sur le chemin de la guérison, en explorant avec vous les racines de vos mécanismes de contrôle excessif. Rassurez-vous, il n’est jamais trop tard pour redevenir maître de votre vie. Sans pour autant vouloir conduire celle des autres!

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